Anatomie de la carpe

Le terme carpe est le terme utilisé pour désigner des poissons d'eau douce de la famille des Cyprinidés. C'est un terme ambigu d'un point de vue scientifique, car il peut signifier génériquement l'ensemble de la famille, voire l'ensemble de l'ordre (cypriniformes).

Pour les pêcheurs de carpes de France, de Belgique voire du Canada, c'est un peu plus clair puisque le terme associe les carpes commune, miroir, cuir et koï. Parfois l'amour blanc qui est pourtant plus éloigné mais dont le mode de pêche est équivalent.

Dans d'autres pays francophones, le terme décrit aussi d'autres espèces parmi les perciformes et même des poissons de mer.

Il est donc particulièrement difficile d'en proposer une présentation générale, les critères à retenir étant ceux de la famille complète :

  1. une bouche peu fendue
  2. une tête forte
  3. un corps écailleux (à relativiser)
  4. une nageoire dorsale précédée d'un rayon osseux
  5. une nageoire anale armée d'un fort aiguillon

Particularités anatomiques

Illustration anatomie de la carpe
 

Le poids

En moyenne, le poids d'une carpe ne dépasse pas 10 kg pour une taille d'un mètre. Cependant, il est relativement courant, de nos jours de tomber sur des spécimens de 20 ou 30 kg, voire plus dans certains cas exceptionnels où elle peut peser jusqu′à près de 40 kg (des spécimens de 42 et 44 kg ont été capturés dans le delta du Rhône au filet).

En France (et dans le monde j′usqu′il y a peu), le record du plus gros spécimen capturé à la ligne dans le domaine public pesait plus de 37 kg. Il s′agissait d′une carpe miroir pêchée par Marcel Rouvière en 1981 dans l′Yonne : elle mesurait 102 cm et avait une circonférence de 120 cm. Ce record de France dans le domaine public a été battu en 2010 par Laurent Panelli.

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Les barbillons

Les deux paires de barbillons jouent un rôle essentiel dans l'alimentation de la carpe.

La carpe possède deux paires de barbillons (deux à la commissure des lèvres et deux sur les lèvres supérieures) qui, avec les lèvres, le palais et la cavité pharyngienne, constituent un système olfacto-gustatif très développé qui lui permet de détecter des aliments intéressants pour sa croissance.

Par ailleurs, toujours grâce à ses barbillons, la carpe est capable de détecter les infimes vibrations qui sont émises par ses proies vivantes potentielles.

Bouche protactile

La bouche de la carpe est protactile, c'est-à-dire qu'elle s'allonge vers l'avant pour jouer le rôle d'un aspirateur très sensible qui permet à la carpe d'une part de se nourrir.

Absence d'estomac et longueur de l'intestin

Une particularité de l'appareil digestif des carpes est qu'il est dépourvu d'estomac.

Une autre particularité est que la longueur de l'intestin est variable en fonction de l'alimentation de la carpe !

Une carpe qui a une nourriture très carnée va posséder un intestin plus court. A l'inverse, un poisson qui se nourrit essentiellement de sucre aura un intestin plus long. La longueur de l'intestin par rapport au corps de l'animal est donc un indicateur du régime alimentaire d'une carpe.

Le cloaque et la distinction mâle-femelle

Il est particulièrement difficile de distinguer un individu mâle d'un individu femelle.

Une autre façon de faire, qui n'est elle possible que pendant la fraie, consiste à appuyer sur le ventre du poisson afin d'en faire sortir la laitance.

Les écailles et l'âge du poisson

Il est possible de déterminer l'âge de tous les poissons, pas seulement des carpes, à partir de leurs écailles.

De la même manière que les anneaux de croissance permettent de déterminer l'âge des arbres, les écailles des poissons sont placées dans des poches du derme et croissent en même temps que le poisson. Les écailles se recouvrent l'une sur l'autre comme des tuiles, en formant des rangées annuelles qui permettent de connaître l'âge d'un poisson.

A noter que les écailles tombées se régénèrent, mais les poissons qui ont perdu une partie de leur couverture écailleuse sont souvent attaqués par des bactéries et des moisissures.

Les différentes variétés de carpes

Il existe, du point de vue strictement scientifiquen environ 1500 espèces et sous-espèces de carpes à travers le monde dont seules quelques-unes sont recherchées par les pêcheurs de carpes.

Les progrès de la carpiculture ont en effet permis de sélectionner des variétés de carpes qui bénéficient d'une bonne croissance dans des eaux plus fraîches, où la carpe ne se reproduit que difficilement à l'état sauvage.

Ainsi, au cours de sa domestication, la carpe a fait l'objet de nombreuses sélections qui ont abouti a des souches génétiques parfois relativement "éloignées".

On recense donc, parmi les Cyprinus Carpio, de nombreuses variétés qui diffèrent par leur forme, leur poids, leur couleur et, surtout, leur écaillure. En voici les principales.

La carpe commune ou "écaillée"

Lien vers photo carpe commune
Nom scientifique : Cyprinus Carpio
Taille moyenne : 0.70 m
Poids moyen : 4 à 10 kg
Poids max : 35 à 45 kg

La carpe sauvage, appelée aussi carpe commune ou carpe écaillée, présente un corps allongé et plus ou moins haut, généralement brun sur le dos, doré sur les flancs et jaune sur l'abdomen.

Hormis sur la tête, elle possède de grandes écailles sur tout le corps : 33 à 40 le long de la ligne latérale.

La carpe sauvage est généralement plus fine et plus longue que les autres types de carpes domestiques, cela pour deux raisons principales.

D'abord parce qu'elle occupe généralement des eaux vives marquées par un courant. C'est donc un poisson qui est plus fuselé, car toujours en mouvement.

Ensuite, ces carpes sauvages se nourrissent en grosse partie de nourriture naturelle, où le sucre est présent sous différentes formes, ce qui induit un intestin plus long qu'une carpe ayant un régime alimentaire carné.

La carpe miroir

Lien vers photo carpe miroir
Nom scientifique : Cyprinus Carpio
Taille moyenne : 0.70 m et plus
Poids moyen : 8 à 16 kg
Poids max: 35 à 45 kg

La carpe dite "miroir" a une écaillure incomplète, le plus souvent latérale avec de grosses écailles (de 20 à 50 mm de diamètre). Cette écaillure incomplète est dûe à un métabolisme anormal des substances minérales, d'origine héréditaire.

La race dite de Galicie, présente tantôt une rangée d'écailles latérale unique, tantôt une écaillure presque complète mais composée d'écailles très dissemblables. C'est une race qu'on appelle plus communément tarte aux pommes ou Fully Scaled et qui est très prisée des pêcheurs pour sa beauté particulière.

Ses couleurs sont semblables à celles de la carpe commune : le dos est brun foncé avec des flancs jaunâtres et dorés.

La carpe cuir

Lien vers photo carpe cuir
Nom scientifique : Cyprinus Carpio
Taille moyenne : 0.70 m et plus
Poids moyen : 8 à 16 kg
Poids max : 35 à 45 kg

Les carpes "cuir" sont, dans la plupart des cas, totalement dépourvues d′écailles. Seuls le dos et le pédoncule dorsal en sont parfois couverts, ce qui donne un aspect très lisse au poisson.

La carpe koï

Lien vers photo carpe koï
Nom scientifique : Cyprinus Carpio
Taille : 1 m
Poids moyen : 5 à 10 kg
Poids max : jusque 25 kg

Les carpes Koïs ont été reproduites à partir de la carpe commune, puis croisées pour obtenir différentes couleurs. C'est un poisson rare dans le domaine public.

Ce sont les Japonais qui, au début du XIXème siècle, remarquèrent une couleur rouge apparaître sur certains poissons, notamment sur leurs joues. En reproduisant ces poissons, la première carpe Koï, une Kohaku (rouge et blanche) naquit et depuis de nombreuses autres variétés sont apparues.

La carpe koï est un animal vénéré au Japon, où l'on en a même fait un culte : on y voit dans les Koïs un porte bonheur, un signe de force et de longévité, car d′après la légende, la plus âgée compterait déjà plus de 200 ans ...

L′amour blanc

Liens vers photo amour blanc
Nom scientifique : Ctenopharyngodon
Taille max.: 1 m 50
Poids moyen : 8 à 14 kg
Poids max : Jusque 45 kg (si si ...)

L′amour blanc affectionne plutôt les eaux calmes (lacs, étangs, grandes rivières). Il est très tolérant vis à vis de la température de l′eau qui peut varier de 0º à 38ºC et sur la quantité d'oxygène dissout (mini 0,5 ppm).

Il peut atteindre 45 kg (cas exceptionnels) et est utilisé par de nombreux gestionnaires d′eaux closes et privée pour limiter la prolifération des végétaux. En effet, sa gueule réduite désigne une adaptation à un régime végétarien, mais il arrive qu′il se nourrisse également de détritus, d′insectes et d′autres invertébrés.

De nature très méfiante, il observe longuement l′appât avant de s′en saisir, mais une fois qu′il l′a bien engammé, il s′agit de s′accrocher car ses départs sont hyper-percutants et risquent, dans certains cas extrêmes, de causer des dégâts à votre matériel.

L'′amour blanc ne résiste pas à l′air libre et il faut donc se dépêcher pour le remettre à l′eau.

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